Le Rouquin
Le Rouquin... curieux chat ! (s'il en est toutefois d'originaire chez les félins !)
Il nous avait été donné tout chaton par une voisine qui savait que je rêvais d'avoir un chat roux.
Il n'était pas tout roux mais blanc et roux, plus blanc que roux. Des yeux très verts. Un très beau chat joueur et posé. Bon chasseur. Grand dragueur aussi mais je ne sais pas s'il était très grand séducteur. Quoi que... peut-être que les minettes aiment les beaux balafrés. Le mythe du tendre voyou. Tu parles ! Il était plutôt bagarreur ; des stigmates près d'un oeil, sur le nez, une patte tordue, la queue cassée, quelques traces bizarres sur les flancs... Souvent, au printemps, il troublait les nuits du quartiers, mêlant ses cris rauques à ceux de ses congénères tout aussi amoureux que lui mais tous concurrents les uns des autres.
A la maison, il roucoulait, enfin, il ronronnait souvent, était très câlin, dormait sur les lits. Notre chien Papillon n'était plus de ce monde et il avait donc toute l'affection de la famille, la gamelle pour lui seul. Il jouait bien son rôle d'unique animal de la maison.
Mais un jour mes parents ont déménagé. Pas très loin, à 3 km de là. Ils ont évidement amené le chat. Il n'a pas aimé mais pas aimé du tout ce changement et est tout simplement retourné à l'ancienne maison. Elle n'était plus habitée ? qu'à cela ne tienne. Il était suffisamment bon chasseur pour manger de la viande fraîche et assez enjôleur pour obtenir des petits plus chez la voisine. Quant au coucher, il y a tant de bon coins à la campagne ! des fénières, des granges, des dessous d'escaliers remplis de bois et pourquoi pas de grosses branches d'arbre quand il fait beau pour attendre gentiment le réveil des oiseaux à l'aube....
Bien sûr, nous avons regretté sa présence mais il vivait libre, en chat indépendant, sans être trop seul. Il nous faisait des fêtes quand nous retournions chez notre ancienne voisine. C'est donc dans son quartier d'origine qu'il a fini sa vie, en vieux matou.