Les Bili
Les Bili… sans « s » puisqu’il s’agit d’un nom propre.
Bili 1, la mère,
Bili 2, la fille.
Toutes deux jolies minettes tigrées et blanches aux yeux verts, la crème des chats.
Mais tout d’abord, pourquoi « Bili ». Tout simplement parce que ce mot signifie « chat » en hindi. Ce n’est pas original mais quand j’ai « récupéré » ce chaton, c’était après un retour des Indes. Et
je trouvais le son de ce mot clair, doux.
Bili, comme Belza, venait des souterrains des hôtels de Divonne-les-Bains où je travaillais. Il y avait encore des familles de chats dans ces couloirs reliant l’hôtel du Parc au Grand Hôtel (ce n’était pas tout noir, des soupiraux donnaient air et lumière) et toujours des personnes qui n’aimaient pas les chats et d’autre que oui et patati et patata… Cette fois-ci (il n’y avait plus celle qui nous avait demandé deux ans au paravent d’amener une portée de chatons à la poubelle !), nous avons voulu être précautionneux : parmi les chantons, un seul miaulait très fort (c’est relatif !), miaulait chaque fois que quelqu’un passait, il rameutait tout le monde ! Seule solution raisonnable : le prendre avec nous, peut-être qu’ainsi il serait moins bruyant.
Nous étions logés dans une chambre sur un étage client et… M. Matou continuait ses miaulements… nous l’avons gardé une quinzaine de jours mais ça commençait à jaser… nous avons dû à grands regrets ramener le chat dans son souterrain. En bien lui expliquant que c’était à cause de ses miaulements (ne souriez pas ! les chats comprennent plein de choses !). Et justement, à notre grand étonnement, quand nous repassions par les souterrains, nous n’entendions plus miauler ! Quelques jours ont passé et toujours le calme plat. Nous avons récupéré le chaton qui… n’a jamais plus miaulé ! Bili n’a plus que rarissimement miaulé et très doucement, d’une voix très claire…
Elle a vécu dans les hautes-Alpes, chez mes parents, une petite maison avec un jardin non clos ; la liberté.
Bili était une chatte (car on a su plus tard que le matou était une matoune…mais ça n’a rien changé à son nom).
C’était une chatte particulièrement gentille, affectueuses.
Elle aimait beaucoup quand mon père travaillait au potager : elle le suivait à chaque plant repiqué ; à chaque pierre posée pour border une allée, elle s’asseyait dessus et attendait que la suivante soit en place pour aller s’y installer… Mais restait des heures sur les genoux de qui était assis (avec une préférence pour mon père ou ma mère).
Elle était présente quand mes parents ont acheté leur première tv couleur. Et là, étonnement : on dit que les chats ne voient pas les couleurs ? Pourtant, quand on l’a mise en route pour la première fois, Bili a fait de grands yeux, elle est restée un moment à regarder l’écran ainsi (alors qu’ordinairement, elle ne semblait pas s’y intéresser et gardait les yeux mi-clos). Comme quoi, elle a bien vu une différence ! (par la suite, elle est revenue à son indifférence face au poste tv…).
Bili était une chatte généreuse. Et oui : quand elle voyait qu’on préparait les sacs de voyage, il fallait être vigilant car elle avait tendance à y déposer souris ou mulot… Pour la route peut-être ? Ca, elle ne nous l’a jamais dit !
C’était u
ne chatte qui ne miaulait pas : quand elle voulait sortir et que la porte était fermée, elle restait devant à la regarder.. quand elle voulait sortir pendant la nuit et que j’étais là, elle avait trouvé le truc : elle s’asseyait parterre vers la tête du lit et me fixait tant et si bien que finissais par me réveiller ; en ouvrant les yeux, je l’apercevais, bien assise, pattes avant bien parallèles, bien droite, silencieuse. Evidement, je me levais et lui ouvrait la fenêtre.
Quand Bili 2 est arrivée avec ses frères et sœurs, normalement mes parents gardaient des chatons pour des personnes qui en voulaient un et, comme souvent dans ces cas-là, il y a eu un désistement... Voilà donc une autre minette tigrée et blanche à la maison. Tout aussi adorable que sa mère. Elle aussi très attachée à mon père.
Bili 1 a eu d'autres petits qui se sont retrouvés à la maison : la Grise, Ticat... j'en reparlerai.