Félix LECLERC
J'écoutais un CD de Félix LECLERC et j'ai été étonnée par une chanson que je ne connaissais pas. Le titre en est : Les 100 000 façons de tuer un homme. Je me demande ce qu'il écrirait actuellement ! En voici le texte :
Sur les cent mille façons de tuer quelqu'un, voici la plus efficace:
Sur les cent mille façons de tuer quelqu'un
La plus dangereuse c'est le coup de fusil
La plus onéreuse c'est le coup de canon
Ça demande une équipe entraînée au bruit
Y'a toujours la corde dite pendaison
Pour le noeud coulant faut avoir le don.
Sûre que la noyade attire les moroses
Mais pas garantie parce que l'eau réveille
Y'a le bon vieux poison mais là faut la dose
Pas assez tu dors, un peu trop tu veilles.
Le gaz est plus propre, pas de commentaires
Mais à tout instant gare au courant d'air
Non je crois que la façon la plus sûre de tuer un homme
C'est de l'empêcher de travailler en lui donnant de l'argent.
Le rasoir ma foi cette saloperie
A ses fanatiques parce que c'est tranchant
La hache le couteau et la scie aussi
Mais c'est un domaine bourré d'accidents
Très peu efficace est la collision
Ça brise une face, laisse des lésions
Pour mourir de soif faut la volonté
Le dégoût de l'eau, surtout la santé
Non vraiment j'y tiens la meilleure façon de tuer un homme
C'est de le payer à ne rien faire.
Entre mourir d'amour ou bien mourir de rire
La plus achalandée c'est difficile à dire
Les deux finissent en spasmes en soubresauts en transes
Mais les deux sont jeudis
Le rire toujours comique
Et l'autre romantique
La chaise électrique c'est très indécent
Sauter dans le vide pas toujours prudent
Étrangler quelqu'un c'est perdre ses sens
Le trancher c'est pire c'est les sans dessus dessous
Non vraiment je reviens aux sentiments premiers
l'infaillible façon de tuer un homme
C'est de le payer pour être chômeur
Et puis c'est gai dans une ville ça fait des morts qui marchent
Ce dernier couplet prète vraiment à réflexion et la dernière ligne est terrible !
En effet, autant la protection sociale est une excellente chose quand elle est ponctuelle et correspond à une situation exceptionnelle, autant, quand elle devient un assistanat institutionnalisé, c'est un système dramatique et là, la métaphore "ça fait des morts qui marchent" devient alors une triste réalité où des humains sont manipulés ; cela donne une forme d'esclavage dans le sens où une partie de la population est dépendante, se suffit d'un minimum qui permet non pas de vivre mais de survivre... et devient muette.
Ces paroles datent de 1972 où alors le chômage était faible msis je crois qu'il y a là un vrai humanisme. Qu'écrirait-il aujourd'hui ?
J'aime particulièrement les chansons de Félix LECLERC (et il n'y a pas que le petit bonheur et Moi mes souliers même si elles sont très jolies).
| ICI, on peut lire tous ses textes : http://www.frmusique.ru/texts/l/leclerc_felix/leclerc.htm |