La Puce et La Petite

Publié le par Barulaïre

                              La Puce, comme Belza, Bili 1 et Lilith,  est une chatte « trouvée dans un hôtel».

                              Le Golf Hotel de Beauvallon, à Sainte Maxime, était un grand bâtiment situé dans un parc bien arboré. Si l’hôtel était de belle architecture, les logements du personnel, plus modestes évidemment, n’étaient pas désagréables, bien au contraire. Une bâtisse tout en longueur à deux niveaux,la-puce.jpg située en contrebas, au milieu des mimosas et autres arbres, à proximité d’un ruisseau.. L’endroit était frai et  calme.          

                                Quelques chats ne s’y étaient pas trompés et avaient élu domicile dans les parages. L’un d’entre eux, ou plutôt l’une d’entre eux, était beaucoup plus familière que les autres et s’est retrouvée à habiter dans le bâtiment puis dans la chambre d’un employé. Ce dernier lui donnait bien à manger mais négligeait d’enlever les restes de nourriture, était affectueux envers elle puis est parti quelques jours en congé. Elle s’est retrouvée dans ma chambre et y est restée pour la fin de la saison.                               
                               
C’était une petite chatte noire aux yeux jaunes, très gentille mais qui annonçait déjà un caractère bien trempé ! 
             
                                Il fallait bien lui trouver un nom… Sans grande originalité, elle a été appelée « La Puce ».      

                               La Puce aimait surtout s’installer dans mon chapeau de plage (comme on la voit sur la photo), sur les journaux, aimait sortir et rentrer à toute heure du jour et de la nuit et pour ça savait bien se faire comprendre ! Si on dit que les chats font « miaou », je n’ai entendu qu’elle prononcer exactement ce son (j’allais écrire « ce mot » tant elle l’articulait bien !) On aurait dit qu’elle avait appris à parfaitement le prononcer et donnait à cette interjection un ton très, très péremptoire ! Il fallait la voir, toute petite, assise toute droite devant la porte, les yeux fixés sur la poigla-petite.jpgnée et miauler bien fort. Quelle autorité ! C’est elle également qui, quand on s’absentait, faisait sentir sa désapprobation : à notre retour, elle faisait à peine quelques fêtes, mangeait puis s’asseyait sur une chaise, toute droite, nous tournant ostensiblement le dos et restait ainsi une bonne demie heure…                  

                               La saison terminée, je suis repartie dans les Hautes-Alpes chez mes parents qui… ont été ravis d’héberger cette petite chatte. Elle a vécu chez eux plusieurs années, a eu des petits, dont une chatte noire comme elle qui a partagé sa vie (La Petite). Elles ont coulé des jours heureux dans une maison où elles étaient libres et gâtées. Elles étaient de grandes chasseuses : oiseaux, souris, rats des champs, lapereaux et même les musaraignes qu’elles ne mangeaient pas mais nous « offraient »… Il fallait même être vigilants car elles en déposaient dans les bagages quand on devait partir !

                               Elles avaient tellement pris leurs aises, qu’elles étaient capables de miauler devant la porte d’entrée donnant sur le jardin, traverser le séjour et la cuisine et sortir par une lucarne sur l’arrière pour filer dans la campagne, comme si elles voulaient éviter de contourner la maison ! Elles entraient même faire leurs besoins dans leur bac et ressortaient en suite…

                                Quand la Petite a vu la neige pour la première fois, ça a été très étonnant : elle a d'abord essayé de marcher normalement mais s'enfonçait  son poids plume, elle a commencé alors à sauter, à jouer avec les flocons... On aurait plus dit un chiot qu'un chaton !

                               Je ne sais pas comment elles ont fini leur vie car,  après la mort de mon père, à quelques jours d’intervalle, elles ont disparu toutes les deux. Personne dans les environs n’a retrouvé de cadavres de chat. Nous avons pensé qu’elles avaient volontairement quitté la maison. Elles étaient très proches de mon père qui pourtant les taquinait beaucoup mais elles passaient des après-midi ou des soirées sur ses genoux. Que ressentent les chats à la mort d’un proche humain ? Ma mère a été d’autant plus  peinée de cette « disparition » qu’elle  s’occupait plus des chattes que mon père.
                               Ingrates.

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