Ah vous dirais-je Maman...

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                Bon souvenir d'enfance... Ma mère m'a d'abord appris la jolie version parlant des bonbons (en bien me précisant que ce n'était qu'une chanson et qu'il fallait apprendre ses leçons et manger de tout !). J'avais entendu (peut-être à l'école) la comptine des trois poules 
                   J'avais aussi bin sûr entendu les interprétations classiques de ce si joli divertissement.
             Plus tard, elle m'a appris également la verson dite "la confidence" (en me précisant que les poètes emploient toutes d'images pour parler de toutes choses...) 
                 Ce n'est que bien plus tard que j'ai eu l'occasion d'écouter la version chantée par Colette Renard... (je crois que Mozard aurait apprécié cette dernière à celle des trois poules !)

La chanson enfantine :

Ah ! vous dirais-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Papa veut que je raisonne
Comme une grande personne,
Moi je dis que les bonbons
Valent mieux que la raison

Ah! vous dirais-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment.
Papa veut que je demande
De la soupe et de la viande...
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que les rogons.

Ah ! vous dirais-je, Maman,
Ce qui caus mon tourment ?
Papa veut que je retienne
Des vers de la langue ancienne,
Moi je dis que les bonbons
Valent mieux que les leçons



La comptine
:

Quand trois poules vont au champ,
La première va devant ;
La deuxième suis la première,
La troisième vient la dernière.
Quand trois poules vont au champ,
La première va devant.



La confidence :

Ah! Vous dirais-je, Maman,
Ce qui cause mon tourment ?
Depuis que j'ai vu Lisandre
Me sourire d'un air tendre,
Mon cœur dit à chaque instant
Peut-on vivre sans amant ?

L'autre jour, dans un bosquet,
De fleurs il fit un bouquet ;
Il en para ma houlette
Me disant : "Belle brunette,
Flore est moins belle que toi,
L'amour moins tendre que moi."

Je rougis et par malheur
Un soupir trahit mon cœur.
Le cruel avec adresse
Profita de ma faiblesse.
Hélas, Maman ! un faux pas
Me fit tomber dans ses bras.

Je n'avais pour tout soutien
Que ma houlette et mon chien.
L'amour, voulant ma défaite,
Ecarta chien et houlette.
Ah ! Qu'on goûte de douceur,
Quand l'amour prend soin du cœur !





La chanson gaillarde :

Ah ! vous dirais-je Maman 
A quoi nous passons le temps ? 
Avec mon cousin Eugène 
Sachez que ce phénomène 
Nous a inventé un jeu 
Auquel nous jouons tous deux.

Il m'emmène dans le bois 
Et me dit : "Déshabille-toi!" 
Quand je suis nue tout entière,
Il me fait coucher par terre 
Et de peur que je n'aie froid, 
Il vient se coucher sur moi.

Puis il me dit d'un ton doux: 
"Écarte bien tes genoux" 
Et la chose va vous faire rire 
Il embrasse ma tirelire 
Oh vous conviendrez, Maman, 
Qu'il a des idées vraiment. 

Puis il sort, je ne sais d'où, 
Un p’tit animal très doux,
Une espèce de rat sans pattes 
Qu'il me donne et que je flatte. 
Oh le joli petit rat !
D'ailleurs il vous l’ montrera.

Et c'est juste à ce moment
Que le jeu commence vraiment 
Eugène prend sa p'tite bête 
Et la fourre dans une cachette 
Qu'il a trouvée, le farceur, 
Où vous situez mon honneur !

Mais ce petit rat curieux 
Très souvent devient furieux 
Voilà qu'il sort et qu'il rentre 
Et qu'il me court dans le ventre.
Mon cousin a bien du mal 
A calmer son animal

Complètement essoufflé,
Il essaye de le rattraper. 
Moi je ris à perdre haleine 
Devant les efforts d'Eugène 
Si vous étiez là, Maman,
Vous ririez pareillement.

Au bout de quelques instants,
Le p'tit rat sort en pleurant.
Alors Eugène qui tremblote 
Le r'met dans sa redingote 
Et puis tous deux nous rentrons 
Sagement à la maison.

Mon cousin est merveilleux !
Il connaît des tas de jeux. 
Demain soir sur la carpette, 
Il doit m'apprendre la levrette.
Si vraiment c'est amusant 
J’vous l'apprendrai en rentrant.

Voici, ma chère Maman,
Comment je passe mon temps.
Vous voyez, je suis très sage,
Je fuis tous les bavardages.
Et j'écoute vos leçons 
Je ne parle pas aux garçons...

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